Je cherche un texte, pas un livre

À la lecture du très intéressant article de Valérie Lelièvre, « La page : entre texte et livre »1), je relève notamment la phrase suivante :

On achète un livre ; bien sûr, il ne viendrait jamais à l’esprit de quiconque d’acheter un texte. Quand on entre dans une librairie, on cherche un livre ; quand on ouvre un livre, on cherche un texte.

Je ne suis pas d'accord. Quand on entre dans une librairie, on cherche un texte, pas un livre. On ne cherche pas un objet (auquel cas on pourrait aussi bien acheter un annuaire téléphonique) mais un texte à lire, que l'on sache par avance lequel ou bien que l'on s'en remette à notre inspiration devant les rayonnages.
On achète alors ce texte sous forme de livre, papier ou numérique, peu importe, que l'on réduit à « ce livre », et quand on ouvre le livre on y trouve en effet le texte recherché.

On achète toujours un texte, sous une forme ou une autre. Raison pour laquelle l'ordre du livre, qui est une forme d'ordonnancement du discours par l'auteur, est soluble dans le web. Il ne dépend pas de la forme géométrique.

Ce changement de point de vue n'altérant en rien la suite de l'article de l'auteur et ses remarques sur la lecture, qui « n’est pas simplement un rapport entre un lecteur et des mots qui défileraient sous ses yeux.»


1)
in Milon, Alain, et Marc Perelman. Le livre et ses espaces. Nanterre : Presses universitaires de Paris Nanterre, 2007.
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V C L I I
 
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  • Dernière modification: 2019/02/18 23:09
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