Segment or perish !

J'étais présente cette semaine au colloque du Crihn (Centre de recherche interuniversitaire sur les humanités numériques) à Montréal. Programme

Je m'étonne encore une fois que les chercheurs qui invoquent le livre en tant qu'unité discursive (moi-même dans une question ou Lucile Haute au cours de sa présentation) s'entendent répondre qu'il ne faut pas surévaluer cette forme éditoriale dont la place dans l'histoire du texte n'est pas si fondamentale qu'elle doive être maintenue. Certes, est-il indispensable de la maintenir à tout prix ? Mais faut-il pour autant la dévaluer ? Il y a là une position de principe qui me dérange : « Segment or perish ». En tant que chercheurs nous ne sommes pas militants pour une forme éditoriale ou une autre. Toutes, nouvelles et anciennes, sont ou ont pu être fertiles. Et le seront peut-être encore. Qu'un éditeur, que dis-je, qu'un auteur, ou un collectif d'auteurs, veuille publier un livre en un argumentaire complet allant de l'intro à la conclusion, sans le livrer en chapitres séparés, est-il un obscurantisme, un acte rétrograde ? N'exagérons rien.

Auteurs, éditeurs, chercheurs en humanités numériques et littératures, nous produisons des formes éditoriales, des ordres de discours différents, en fonction de nos besoins rhétoriques, que les outils web permettent de raffiner à l'envi. Jouissons-en sans entraves, du « livre à la papa » au tweet cadavre-exquis !

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  • Dernière modification: 2019/02/18 23:09
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