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Revue et conversation scientifique

Actuellement en visite à Montréal, au contact de la chaire de recherche en Écritures numériques j'entends que

la revue sert à avoir une conversation scientifique, et non pas à publier des articles.

“Conversation scientifique” et “article” s'opposent-ils ? Il me semble au contraire qu'un texte délimité, un argument fini, sont une excellente base de conversation. Après quoi il est heureux de proposer un argument revu, renforcé ou relativisé.

Notre histoire scientifique, culturelle, artistique semble valider ce modèle de conversation.

Quelque chose m'échappe. Une rédaction séquentielle d'articles se répondant ne constitue-t-elle pas aussi une conversation scientifique ? Une conversation consiste-t-elle nécessairement en réactions directes ? Je ne crois pas.

2017/11/02 17:50 · chloe · 0 Comments

Encyclopédie papier figée ?

Une encyclopédie papier présente-t-elle un résultat figé ? Non, en témoignent les millésimes propres à l'identification de tels projets éditoriaux. Ils étaient “figés” souvent pour 1 an avant d'être mis à jour. Ce type d'édition a toujours été précisément “liquide”, ou “ouvert” en écriture, mais avec la contrainte mécanique du papier.

2 changements dans le passage au numérique :

  • la temporalité de la mise à jour : permanente ou millésimée selon le projet, C'est bien ici l'éditeur et non la technique qui détermine la temporalité,
  • la question de la référence à citer qui peut demander selon le cas d'inclure jour et heure de consultation, rendant complexe l'accord entre lecteurs sur une définition, une citation, stable.
2017/11/02 17:36 · chloe · 0 Comments

Sortir de la confusion entre lecture et projection

Un livre papier n'est pas une “machine à lire”1). Un ordinateur, une tablette, non plus. Les uns comme les autres sont des “players” : ce sont des “machines à présenter” le livre. Ils sont sur le plan logique identiques à un magnétoscope qui projette sur une télé.

Seul l'humain lit, avec comme “machine” son œil, ses doigts, ses oreilles et son cerveau (auxquels il faudrait ajouter sa culture, son vécu, etc.).

Une fois le livre (ou toute autre forme éditoriale) rendu, le mode de lecture est le même dans le numérique et le papier.

Il serait bon de revenir au terme employé il y a peu de “moteur” de blog. Application et hardware sont des moteurs de formes éditoriales variées. Ils les rendent, restituent, projettent, propulsent (selon le terme souvent convenu en bas des pages de “sites”) selon la demande de l'éditeur. Ces productions éditoriales sont ensuite lues par quelqu'un.

Vocabulaire à adopter (y compris pour l'ensemble presse/papier) :

  • rendu
  • restitution
  • projection
  • propulsion
2017/10/23 16:54 · chloe · 0 Comments

Internet n'est pas fait pour...

le monde d’internet n’est pas fait pour être conservé, et […] les institutions ou les outils qui s’y emploient, comme les tentatives de « dépôt légal » des sites web ou certains logiciels d’archivage sont des entreprises qui vont à contre-courant de la technique mais surtout de « l’esprit » des savoirs électroniques conçus pour la consommation immédiate et périssables dans l’échange 2).

Non, en effet, Internet n'a pas été conçu pour conserver. Pas plus qu'il n'a été conçu pour consommation immédiate et périssable. Là n'était pas la question. Il a été pensé pour transférer. Aujourd'hui Internet offre toutes, ou de nombreuses, possibilités en matière de conservation. Internet n'est pas figé, il se crée tous les jours à mesure que ses acteurs y travaillent. Internet n’a pas de « nature ».

2017/10/11 12:02 · chloe · 0 Comments

Pour une ontologie REST (ou Ressource/État(State)/Représentation ?) du document (quel que soit l'ordre de discours), fertile aussi bien dans un environnement analogique que numérique

Chloé 2017/06/13 13:22 Le tableau suivant est une évolution de celui que vous trouverez dans Le texte original, ci-après. Les changements principaux sont :

  • comparer un article à un roman (et non un journal à un roman). Un journal est une collection de textes et à ce titre non comparable avec un texte unique.
  • Nous avons distingué dans notre réflexion Publication/émission et Réception/Rendu et préféré ici nous en tenir à la publication (nous reviendrons ultérieurement sur le rendu qui fait d'une certaine façon l'objet d'un post ici).

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2017/09/22 19:52 · 0 Comments

Fake news et confusions édition/réseau/culture read write/etc.

En réaction au post de Calimaq : Lawrence Lessig, les dérives du web et la « mort des éditeurs »

Voici, en deux extraits, les mots de Lawrence Lessig auxquels réagit Calimaq dans son billet :

nous pensions tous que le rôle d’éditeur de contenus était un acquis […] Eh bien nous nous sommes trompés ! Le monde entier peut publier sans éditeur. […] D’une certaine façon, Internet – l’outil en lui-même – a tué les éditeurs. Et nous allons tous devoir résoudre cet immense problème qui a un impact très lourd sur la démocratie.

Calimaq répond en substance “Quoi, il faudrait revenir aux éditeurs gate-keepers alors que ce sont eux qui rendaient la parole rare ?!!”

Il poursuit avec les risques du filtre éditorial, l'importance et les bienfaits de la culture read/write, de la mise en réseau des individus, et de la blogosphère contre les fake news. Ce faisant il me semble qu'il mélange beaucoup de choses et je vais reprendre chacun de ces points pour montrer que :

  1. Internet n'a pas tué les éditeurs, contrairement à ce qu'écrit Lawrence Lessig. L'exemple que donne Calimaq de Olivier Ertzscheid allant publier chez C&F Éditeurs le montre de belle manière,
  2. les éditeurs n'ont jamais été le problème en soi mais bien (en ce métier comme en d'autres) les positions dominantes et les abus de pouvoir,
  3. filtre éditorial n'est pas forcément équivalent à centralisation, comme démontré par Wikipédia.
  4. un lectorat est un réseau finalement assez faible,
  5. il n'existe pas en soi quelque chose qui soit “le réseau” (au sens social du terme),
  6. l'accès en lecture ne constitue pas en soi de la culture read write.

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2017/07/18 17:32 · chloe · 0 Comments

Le document REST : continuité logique entre analogique et numérique

Une façon de réunir et schématiser ce que j'écrivais dans deux précédents textes, Sur la lecture directe ou indirecte et Pour une ontologie REST du document analogique comme numérique.

  • quel que soit le format du document, numérique, analogique, papier, vidéo, nous sommes toujours en lecture “indirecte”3). Il n'existe rien que l'on puisse appeler une “lecture directe”, non médiatisée, non outillée, à moins de considérer que la lecture sur un support papier avec des yeux sans lunettes en soit l'archétype. Ce qui serait d'une part arbitraire (non fondé) et réducteur, d'autre part, puisqu'il nous est impossible de lire un livre papier dans le noir, sans lampe ou lumière du jour, donc sans médiation.
  • la lecture est toujours un phénomène organique. Avant les organes de lecture, qui ne sont pas des outils, il y a des outils de représentation/rendu pour lesquels il serait bon de trouver un terme français équivalent à “player”. Ils vont de la lunette à l'écran en passant par l'ordinateur, le logiciel et jusqu'à la lumière.
  • nous pouvons ici penser la continuité logique entre les processus de fabrication, de représentation et de lecture de documents qu'ils soient papier ou numérique. Il n'y a pas de rupture logique. Il y a une simple évolution technique : simple au niveau logique et historique (nous sommes dans la continuité de l'histoire des techniques), complexe au niveau épistémologique du fait de l'implication pour la stabilité de la représentation.

Travaillant personnellement sur le texte j'ai grisé dans le schéma ci-dessous les éléments relatifs à d'autres media (image, film…) sans que cela ne représente un jugement de valeur ou n'ait d'implication scientifique.

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2017/05/15 12:40 · chloe · 2 Comments

La philosophie du web

Alexandre MONNIN - vidéo Dailymotion
http://www.dailymotion.com/video/x5hbkzj_i-la-philosophie-du-web-alexandre-monnin_school

Chloé 2017/04/06 12:55 À voir, notamment sur l'architecture REST et la notion d'objet : ressource/état/représentation.

Conférence diffusée le 30 mars 2017 dans le cadre du Projet P.É.N.I.A., en partenariat avec le Programme Europe, Éducation, École.

Dossier pédagogique : http://www.coin-philo.net/eee.16-17.docs/eee.16-17_penia_prog.2016.pdf
Projet P.É.N.I.A. : https://www.pedagogie.ac-aix-marseille.fr/jcms/c_10462144/fr/penser-le-numerique-cycle-de-visioconferences-interactives

2017/04/06 12:51 · chloe · 0 Comments

R. Chartier et le Monde de la textualité numérique

Quelques citations de Roger Chartier qui sont pour moi très symptomatiques d'une vision très peu constructiviste du “Numérique”.

La question qui se pose est : cette vision permet-elle une réflexion pertinente sur l'édition à l'heure du numérique ?

Référence : Chartier, Roger. “Qu’est-ce qu’un livre ? Grandeurs et misères de la numérisation”. Fussman, Gérard. La mondialisation de la recherche : Compétition, coopérations, restructurations. Paris : Collège de France, 2011. Web. <http://books.openedition.org/cdf/1579>.

Il n’en va plus de même dans le monde de la textualité numérique puisque les discours ne sont plus inscrits dans des objets qui permettent de les classer, de les hiérarchiser et de les reconnaître dans leur identité propre. C’est un monde de fragments décontextualisés, juxtaposés, indéfiniment recomposables, sans que soit nécessaire ou désirée la compréhension de la relation qui les inscrit dans l’œuvre dont ils ont été extraits.
Cette écriture polyphonique et palimpseste, ouverte et malléable, infinie et mouvante, bouscule les catégories qui, depuis le XIIIe siècle, sont le fondement de la propriété littéraire, de toutes les pratiques et habitudes de lecture.
unités textuelles éphémères, multiples et singulières, composées à la volonté du lecteur, qui ne sont en rien des pages définies une fois pour toutes. L’image de la navigation sur le réseau, devenue si familière, indique avec acuité les caractéristiques de cette nouvelle manière de lire, segmentée, fragmentée, discontinue, qui défie profondément la perception des livres comme œuvres, des textes comme des créations singulières et originales, toujours identiques à elles-mêmes et, pour cette raison même, propriété de leur auteur.

En résumé, voici la liste des éléments nécessaires du livre et de la lecture numérique selon Roger Chartier, et que l'on retrouve souvent ailleurs :

  • fragmentation
  • décontextualisation
  • indéfiniment recomposables, palimpseste, malléable, mouvante, composées à la volonté du lecteur
  • écriture polyphonique (collaborative)
  • ouverte
  • infinie, éphémère
  • lecture segmentée, fragmentée, discontinue

L'on m'accordera a minima que ces propos sont assez peu nuancés…

Chacune de ces assertions est une possibilité, et non une nécessité. Nous ne sommes pas dans le monde du numérique qui imposerait ses Lois à l'instar des lois de la physique (elles-mêmes régulièrement discutées et revues), mais dans l’Ère du numérique, au sens temporel. Nous pourrions même dire l'Âge du numérique. Nous avons inventé de nouveaux outils qui seront les nôtres, jusqu'aux prochaines technologies que nous inventerons. Ces outils offrent de nombreuses nouvelles possibilités (parmi lesquelles la fragmentation des textes, oui, en effet), la plupart sans doute encore impensées, mais qui précisément émaneront de notre pensée et non pas d'une nécessité numérique.

2016/12/15 12:10 · chloe · 0 Comments

Sur la lecture directe ou indirecte

Une petite remarque sur un sujet lu et relu depuis 15 ans et qui me dérange toujours autant.


Selon de nombreux articles et réflexions il semble assez évident que sur le papier

le document est directement perceptible, c'est-à dire sans outil intermédiaire de forte technicité (sinon pour certains des lunettes)4).

Si je développe cette phrase je peux écrire sans la trahir

Une fois le texte fabriqué et livré au format papier “le document est directement perceptible, c'est-à dire sans outil intermédiaire de forte technicité (sinon pour certains des lunettes).”

Ce que les auteurs écrivent sous une autre forme qui évacue un peu rapidement la problématique

même si la production de l'imprimé passe par un fort appareillage technique, la lecture du papier est, nous l'avons dit, directe ou presque5).

alors que le lecteur numérique doit a contrario, selon les auteurs, acquérir individuellement de nombreux outils de traitement, restitution et connexion pour pouvoir lire un document.

Il y a un problème logique dans cette comparaison : on compare la lecture d'un document papier une fois fabriqué et livré à la fabrication en cours d'un texte numérique.
Si l'on prend dans les deux cas, papier et numérique, le document livré, alors la lecture ne demande pas plus d'outil dans un cas que dans l'autre si ce n'est, éventuellement, des lunettes. Nous avons dans le premier cas une fabrication/distribution très en amont du lecteur. Dans le cas du numérique elle est déplacée en partie au point d'être finalisée sur son poste individuel et en fonction de certains de ses outils : navigateur, polices de caractères, taille de l'écran, préférences choisies ou non, etc.
Le déplacement et les modalités de cette fabrication/distribution numérique a des impacts importants, et il peut en avoir sur la question de la lecture longue, courte, linéaire ou non, certes, mais il n'a pas d'incidence sur la question de la lecture directe ou indirecte. Nous lisons toujours avec nos yeux, avec ou sans lunettes. Comme sur le papier.
Il n'y a pas de différence dans l'outillage de lecture (yeux, lunettes) mais dans l'outillage et la temporalité de fabrication, livraison (qui se produit, ou se finalise, “chez” le lecteur),

2016/12/15 12:03 · chloe · 0 Comments

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1)
Escarpit, R. (1992). Sociologie de la littérature (8ᵉ éd.). Paris: Presses Universitaires de France. Consulté à l’adresse http://ressources-socius.info/index.php/reeditions/17-reeditions-de-livres/173-i-sociologie-de-la-litterature-i
2)
Melot, M. (2010). L’avenir du livre et de la lecture à l’ère d’internet. L’Observatoire, la revue des politiques culturelles, Hors-série 3(3), 29‑33.
3)
En contradiction avec ce que postule Roger T. Pedauque (Document : forme, signe et médium, les re-formulations du numérique. 2003) et Bruno Bachimont (2004)
4) , 5)
Roger T. Pédauque. Document : forme, signe et médium, les re-formulations du numérique. 2003. <sic 00000511>
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